Du langage et du comportement amoureux

L'amour n'est pas tant dans le sentiment intérieur que dans la parole, l'expression ; car si on ne dit pas ce que l'on pense, si on ne fait pas partager cette affection avec l'être aimé, le c½ur et l'esprit s'alourdissent et il devient alors vital de prononcer ces trois mots bénis ou maudits, afin de se laver de cet amour vampirique et enfin avancer. Il en est de même dans l'autre sens, le besoin d'entendre l'amour de l'autre. De la générosité l'on glisse vers l'orgueil. Être aimé : jamais le passif n'a été si délicieux. On en vient même à offrir pour recevoir en retour, amour intéressé, amour monstrueux. Aimer sans envahir, être aimé sans en profiter, là est l'équilibre à respecter. L'amour est comme une drogue, même intensité, même plaisir, même danger.


Qui suis-je pour parler ainsi ? Autrefois je ne considérais les couples qu'avec mépris et envie, je vantais les mérites du célibat et me morfondais dans mon désespoir. Maintenant, je suis devenu celui que je pensais haïr. Je croyais que mes échecs amoureux avaient fait de moi un épicurien cynique, mais c'était sous-estimer le pouvoir des femmes : adieu la méchanceté, limés les crocs et les griffes, ravalée la fierté. Oui, j'ai retourné ma veste, oui, j'aime, oui, quelqu'un m'aime. J'ai changé. Plus de mépris, maintenant j'ai compris. Ce que je croyais mièvre dans la bouche d'un autre atterrit naturellement dans la mienne. Bien sûr j'ai essayé de résister, mais pas bien longtemps : il arrive un moment où l'on ne peut plus nier ses sentiments profonds et où l'on abandonne la lutte de principes. Qui suis-je ? Un amoureux transi me dit mon c½ur ; un imbécile heureux me dit ma raison. Au fond, ne s'agit-il pas de la même personne ?


Dauphin_Discret
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# Posté le lundi 09 novembre 2009 17:49

Un triomphe

Un triomphe
A l'église, quand l'humeur est au petit malheur, les froncements de sourcils sont de rigueur.
Et des gens au regards tristes attendaient sur le parvis, avant de laisser le prêtre officier obséquer disséquer, assis debout couchés.
Il parlait parlait parlait de Dieu et de Son rejeton, parlait de Marie sur un emphatico-dramatique ton.
Mais l'enfant présent, lui ne croit pas au paradis ni à ces bondieuseries. Il s'ennuie. Et tandis que le père parlait de l'amour de la mort, l'enfant approuve, réfute, s'indigne. Tout le monde aux yeux humides le remarque. Et le discurseur a beau se noyer sous ses paroles, comme si de rien n'était, personne ne fait plus attention à lui ou à la mort à notre sort. Tout le monde s'attache à l'enfant qui crie, pleure, explose de vie, pure, saine, et terrasse ces corbeaux blancs. Le triomphe inconnu de l'enfant sur la Mort.


Dauphin_Discret
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# Posté le samedi 17 octobre 2009 14:11

Californie

Paysage mordoré où pas une ombre ne fuse
Terres rondes et brûlées que la chaleur écrase
La lumière diffuse
Un doux vent coloré sur les collines rases

Brouillard éternel qui baigne les hautes sphères
Embrume nos pensées ne les laisse pas faire
Un voyage vers le ciel
Focalise nos regards sur le grand pont vermeil

Et cette tempête toujours qui baigne mon regard
Dans une mer si bleue que mes yeux ne peuvent luire
Que de la même couleur hagards
De la côte aux grands arbres qui enchantent Muir



Metallicus_ultra
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# Posté le mercredi 14 octobre 2009 10:57

The cat came back

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# Posté le samedi 10 octobre 2009 09:08

Gracias, Papa

Un soir d'été 2007, je vaquais tranquillement dans le royaume du sieur Internet lorsque soudain, là, tout à coup, brusquement et sans prévenir, mon père m'appelle. Allons bon qu'est-ce qu'il me veut encore celui-là c'est pas possible il pourrait pas me laisser tranquille deux secondes à la fin c'est un monde tout de même, me dis-je en me dirigeant vers le salon d'où venait l'irritante invitation. Tiens écoute moi voir ça, c'est un groupe de rock, ils sont suédois. Plutôt classique mais pas mal je trouve. Le batteur a la pêche, me dit il sans quitter le poste de télévision des yeux. Je regarde : c'était les Eurockéennes de Belfort, le groupe s'appelle les Hives, c'est vrai que c'est pas mal et que le batteur il a la pêche. Alors hop, ni une ni deux je cours sur Youtube en quête de clips. Ah merde comment ils s'appellent déjà ? Je retourne donc au salon : ils s'appellent les Hives, Hives, H-I-V-E-S. Re-hop me revoilà sur Youtube : je repère le clip d'une chanson entendue peu avant, au nom bizarre, Two Timing Touch and Broken Bones. Je regarde, le chanteur a l'air fou comme un lapin, ça me plaît. Je m'intéresse et sans m'en apercevoir, me voilà avec leur discographie complète. J'aime, je fais écouter à Metallicus qui adore... et c'est ainsi que ce drôle de groupe suédois qui ne paie pas de mine est devenu un de nos groupes préférés. Alors pour moi, la seule chose à dire c'est merci, Papa.


Dauphin_Discret

# Posté le dimanche 04 octobre 2009 09:06

Modifié le lundi 05 octobre 2009 08:44